
Tentative, retentative d’écrire. Un brin, un peu, sans passer par de l’abstrait total, en semi automatique. Tentative d’éviter de trop retenir, bloquer. Respirer, calmement. Retenir. Expirer. Reprendre l’instant.
Marcher. Sans destination, mais dans une direction. Un but vague, mais un but. Marcher. Il fallait ces photos, il fallait qu’elles soient prises, les délaient étaient trop courts, les conditions trop changeantes. Marcher, avancer, les pieds freinés par la neige trop abondante, ralentissant l’avancée. Marcher, pour oublier. Se vider l’esprit, la tête, laisser le froid l’envahir. Marcher encore, pour en revenir à l’instinct. Repères vagues, et parfois se surprendre de plus trop savoir, dans une étendue qui se répète, mais pas tant que ça. Dans une étendue qui vous étouffe mais vous transporte. Dans une étendue qui poigne dans l’âme. L’instant de se retrouver face à l’absence de jugement si ce n’est le sien, ou seul l’écho étouffé par les vents de plaines peut tarder à répondre. Ce vent qui transporte et glace et dont la morsure en est presqu’agréable. Emporte la pellicule trop légère, fait voler les flocons, et transforme le tout en un désert glacé, peuplé de dune. Courbes frèles et régulières, ombres minimalistes. Les pieds freinés, toujours. Dans une direction marcher toujours, l’obstacle n’étant pas permis. Fut-ce une rivière, ou un marais mi-gelé, donc la surface craquait de manière sombre. Tâter du pieds, se dire que c’est définitivement une mauvaise idée, mais avancer. Perdu au milieu de champs, barbelés et sombres décors. Finir par parvenir à passer, sans une certaine crainte, presque calculées. Presque. Avancer. Laisser derrière certains raisonnements, certains a-priori, certaines craintes. Les bourrasques se transforment en mélopées, berçant presque. Les vents en deviennent agréables, les traits devenant plus raide, les expressions plus tendues. Et de nouveau replacer cette écharpe dans cette veste qui en aura trop vus, d’hivers.
Se rapeller combien le silence peut être lourd de sens, à même titre qu’une parole vide de celui-ci. Que les tripes sont souvent plus éloquent d’ailleurs, ce pincements qui se transforme en compression.
bleu. l’âme et les pas marqués. de l’absence renait la présence. carmin resplendissant qui constelle, mise à nus – a mort – d’une peau trop longtemps portée. Muer. Le temps sera requis. Essentiel. Re-born (again). Désir de. Être. Et apprendre à parler. Once again.
Et cette scène me renversera toujours :